Sakineh Mohammadi-Ashtiani est une femme comme une autre, mais sa particularité est qu’elle réside en Iran. Malheureusement pour elle et pour toutes les autres femmes qui y résident, en Iran, et ce depuis des décennies, une dictature idéologique intégriste et irresponsable viole les droits de la femme. Pour un simple adultère, une femme peut être condamnée à mort, et risquer la mise à mort par lapidation. Et au nom de quel droit ?
Mme Mohammadi-Ashtiani, 43 ans, est une victime parmi tant d’autres de l’état iranien et de ses méthodes scandaleuses et idéologiquement intégristes et discriminatoires. Elle risque aujourd’hui d’être lapidée, condamnée à la peine de mort par lapidation pour double adultère et complicité de meurtre, après avoir précédemment été condamnée en mai 2006 par un tribunal de Tabriz (nord-ouest de l’Iran) pour “relation immorale” avec deux hommes à la flagellation. Elle a suite à cette condamnation reçue 99 coups de fouet, sous l’œil de l’un de ses deux enfants, Sajjad, qui aujourd’hui est âgé de 22 ans. “J’ai été dévastée et ma dignité autant que mon cœur ont été brisés”, raconte Mme Mohammadi-Ashtiani dans une lettre rendue publique par le Comité international contre la lapidation et les exécutions.
Mme Mohammadi-Ashtiani est la victime d’une dictature idéologique où la femme est contrôlée par un gouvernement intégriste au comportement douteux et se voit imposer un mode de vie réglementé, sous peine d’être sévèrement condamnée par la justice iranienne contrôlée de toutes pièces par son gouvernement et le régime de plus en plus autoritaire et haineux de son Président Mahmoud Ahmadinejad, qui, rappelons-le, avait lâchement volé le vote de tout un peuple au mois de juin 2009 et ceci à l’encontre de la démocratie que le gouvernement iranien ne semble définitivement pas apprécier. Est-il nécessaire de vous rappeler qu’en Iran, il n’existe pas de liberté d’expression ? Alors, inutile, je pense, de vous préciser que les médias iraniens ont reçus l’interdiction formelle de parler de cette affaire.
L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch avait exprimée sa vive inquiétude ce samedi 14 août dernier, craignant que Mme Mohammadi-Ashtiani soit “bientôt” exécutée après les “aveux” télévisés forcés de celle-ci de sa complicité dans le meurtre de son mari : “les aveux télévisés de Sakineh Mohammadi-Ashtiani renforcent nos craintes que l’Iran exécutera bientôt cette femme”. “Les hommes qui dirigent l’Iran n’ont apparemment pas honte du tout, ils prononcent d’abord la sentence barbare de mort par lapidation et ensuite recourent à une confession télévisée”, ajoute l’ONG basée à New York.
Un coup dur puisque ces “aveux” télévisés sont considérés en tant que tels par la justice iranienne, donc Mme Mohammadi-Ashtiani est par conséquent aussi accusée de complicité de meurtre, ce qui explique le fait qu’elle soit condamnée à la mort par lapidation selon la justice iranienne, notamment. De nombreux médias et organisations non-gouvernementales comme Amnesty International ont crié haut et fort aux aveux forcés. Les avocats de Mme Mohammadi-Ashtiani ont affirmé qu’elle avait été forcée de donner cette interview, enregistrée à la prison de Tabriz où elle est détenue depuis deux ans. « Elle a été frappée violemment et torturée jusqu’à ce qu’elle accepte d’apparaître face à la caméra », a affirmé l’un d’eux, Javid Kian, tout en avertissant Human Rights Watch à s’attendre à ce que la Cour suprême rende dans les prochains jours son verdict final sur l’exécution ou non de l’Iranienne.
Pourquoi un tel acharnement de haine envers Mme Mohammadi-Ashtiani ? Dans une interview traduite ici datée du 6 août dernier accordée au Guardian où elle confirme les aveux forcés, clame son innocence et dénonce les « mensonges » des autorités iraniennes, Mme Mohammadi-Ashtiani y déclare : « C’est parce que je suis une femme, c’est parce qu’ils croient qu’ils peuvent tout se permettre vis-à-vis des femmes dans ce pays. C’est parce que pour eux, l’adultère est pire que le meurtre – mais pas toutes les sortes d’adultère : un homme adultère peut même éviter la prison alors qu’une femme adultère est, pour eux, la fin du monde. C’est parce que je vis dans un pays où les femmes n’ont pas le droit de divorcer de leurs maris et sont privées de leurs droits basiques. » Elle a confirmé avoir été condamnée pour adultère, mais affirme avoir été acquittée en ce qui concerne la complicité du meurtre de son mari. Quant à l’homme qui a tué son mari, Mme Mohammadi-Ashtiani explique que celui-ci “a été identifié et emprisonné”. “Or il n’a pas été condamné à mort”, précise-t-elle, en prévenant : « l’attention internationale que suscite mon cas les (le gouvernement iranien) embarrasse et ils tentent désespérément de détourner l’attention des médias pour pouvoir me tuer en secret ».
Dès le début du mois juillet et en l’espace de quelques semaines, toute l’opinion internationale s’est émue de cette affaire qui pourtant est banale en Iran et a fait l’objet d’une mobilisation sans précédent contre l’état iranien pour sauver Mme Mohammadi-Ashtiani de l’horrible destin dont elle est injustement condamnée à subir. Un destin inhumain et profondément horrible. Une torture à l’encontre des valeurs de l’Humanité. Et c’est pour cela qu’en France, le philosophe Bernard-Henri Lévy est l’initiateur d’une pétition qui a été signée par plusieurs milliers de personnes, dont parmi elles le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, Martine Aubry, Valéry Giscard d’Estaing ou encore Bertrand Delanoë. Et même Nicolas Sarkozy, qui lors d’un entretien personnel avec le philosophe Bernard-Henri Lévy aurait fait de cette affaire une “affaire personnelle” et pourrait même bientôt “prendre des initiatives”.
Le ministre des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner a affirmé que la France “ne ménagera aucun effort pour sauver d’une mort atroce” Mme Mohammadi-Ashtiani. “Nous ne ménagerons aucun effort pour sauver Sakineh d’un sort atroce. J’appelle les autorités iraniennes à entendre la voix de la communauté internationale et la mobilisation des sociétés civiles”, a déclaré M. Kouchner dans un communiqué. “La lapidation est un traitement barbare, cruel et inhumain. J’appelle instamment l’Iran à l’abolir”, a-t-il poursuivi, ajoutant que “dès l’annonce de cette condamnation, la France s’est mobilisée pour sauver cette femme de la mort”. “Je souhaite réitérer aujourd’hui, a ajouté M. Kouchner, l’appel solennel de la France à la République islamique d’Iran à surseoir à l’exécution” de cette femme de 43 ans, mère de deux enfants. La République islamique doit “respecter les engagements internationaux qu’elle a contractés, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prescrivent que la peine de mort, quand elle est appliquée, doit être réservée aux crimes les plus graves et que nul ne peut être soumis à des traitement cruels, inhumains ou dégradants”, a-t-il rappelé. “La France, comme l’ensemble de ses partenaires de l’Union européenne, est opposée à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Nous demandons aux autorités iraniennes d’établir un moratoire général sur les exécutions, en vue d’une abolition à terme de la peine capitale”, a-t-il dit.
Cet acharnement de la part de la République islamique d’Iran envers cette mère de deux enfants montre clairement que le régime autoritaire, rétrograde, intégriste, irresponsable et haineux de Mahmoud Ahmadinejad refuse toute forme de liberté, toute démocratie et donc toute éventuelle future jeunesse libre et épanouie. Et il peut aller très loin pour le prouver, en est là la preuve formelle. Qu’un gouvernement ait autant de haine envers son peuple qui ne fait que de vouloir vivre en toute liberté est profondément inquiétant : les conséquences de ses actes irresponsables seront gravés dans une énième génération touchée et à force, complètement désabusée par cette dictature idéologique générale et particulièrement discriminatoire envers les femmes. Il faut absolument que l’état iranien cesse sa dictature idéologique envers les femmes afin de les rendre enfin libres comme elles le désirent tant ! Et il n’y a pas que les femmes qui désirent d’être libres en Iran ! Qu’il serait bénéfique pour l’Iran de définitivement tourner de page !
Sakineh Mohammadi-Ashtiani doit être épargnée de toutes poursuites judiciaires et surtout de mise à exécution. Mahmoud Ahmadinejad doit immédiatement cesser de pratiquer de telles méthodes qui sont aussi scandaleuses que totalement inacceptables. La lapidation est la plus inhumaine, cruelle et barbare méthode de violence physique (et morale) qui existe à ce jour. Ces méthodes absolument inadmissibles sont contraires au respect de dignité humaine et aux droits de l’Homme ; elles nuisent au bien de l’Humanité ; elles entachent au plus profond l’Histoire de l’Homme. Comment de telles choses peuvent-elles encore être pratiquées en 2010 ?
“Souvent la nuit, avant de m’endormir, je me demande comment quiconque peut se préparer à me jeter des pierres à la figure ; à viser mon visage et mes mains ? Pourquoi ?”
J’affiche mon sincère soutien envers les actions menées pour sauver Mme Mohammadi-Ashtiani, d’où ma signature de la pétition de Bernard-Henri Lévy ou encore celle du site Free Sakineh, pour symboliquement et collectivement dire “non” à la lapidation de Mme Mohammadi-Ashtiani, touché et attristé par ce que traverse cette mère de deux enfants, terrifiés par cette dramatique affaire. Il est nécessaire que chacun de nous se mobilise pour obtenir le plus de pression possible envers le gouvernement iranien qui fait la sourde oreille face aux appels à cesser du monde entier, y compris des médias, des intellectuels, des hommes politiques et des nombreuses organisations non-gouvernementales…
L’ancien avocat de Mme Mohammadi-Ashtiani, Mohammad Mostafaei, qui a demandé l’asile en Norvège après avoir été inquiété par les autorités iraniennes, a déclaré depuis une chambre d’hôtel à Oslo en Norvège au philosophe Bernard-Henri Lévy que Mme Mohammadi-Ashtiani est “le symbole de toutes les femmes iraniennes victimes de la famille, de la société, de leurs lois discriminatoires”.
La liberté et la dignité de milliers d’autres femmes se jouent également là. Alors cessons de priver ces femmes qui ne demandent qu’une chose : vivre et être libres. Pour le bien de l’Humanité, pitié pour Sakineh, pitié pour les femmes iraniennes. Non à la lapidation, non aux méthodes cruelles et barbares. Non à la dictature, non à la dictature idéologique, oui à la liberté et à la démocratie moderne qui sont les fondements pour une société pleinement épanouie. Le gouvernement iranien est un assassin récidiviste, la lapidation un crime contre l’Humanité. Chaque lapidation est une défaite. Free Iran.
Christophe Duman
[...] pour épargner l’Iranienne de 42 ans et mère de deux enfants Sakineh Mohammadi-Ashtiani du destin monstrueux qui lui est réservé, le journal iranien Kayhan, très proche du Guide suprême de la révolution [...]
[...] 2010 by Christophe Duman| Laisser un commentaire Après l’atroce condamnation réservée à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, l’Iran persiste et signe dans son irresponsabilité avec cette fois-ci Ebrahim Hamidi, jeune [...]